« Avez-vous des questions ? » Presque tous les entretiens en finance se terminent ainsi, et beaucoup de candidats répondent « non, tout est clair ». C'est une occasion perdue : ce dernier échange est un véritable test, qui peut confirmer ou effacer l'impression laissée pendant les trente minutes précédentes. Voici comment choisir vos questions selon l'interlocuteur, lesquelles éviter, et comment les relier à ce qui s'est dit.
Pourquoi poser des questions
Le recruteur ne cherche pas la question parfaite. Il observe trois choses :
- Votre intérêt réel : un candidat qui ne pose aucune question donne l'impression de ne pas se projeter dans le poste.
- Votre qualité d'écoute : une question qui rebondit sur un élément de l'échange prouve que vous avez suivi.
- Votre maturité professionnelle : les questions révèlent ce qui compte pour vous (apprentissage, équipe, responsabilités) et si cela correspond à l'équipe.
C'est aussi dans votre intérêt : vous choisissez un employeur autant qu'il vous choisit. Une équipe, un rythme et un management que vous ne connaissez pas valent quelques minutes de curiosité.
💡 Pour en savoir plus : cette dernière partie s'inscrit dans l'ensemble de la préparation décrite dans notre guide pour préparer un entretien en banque d'investissement.
Préparez entre trois et cinq questions, dont certaines seront déjà traitées en cours d'entretien : gardez-en toujours une ou deux de rechange.
Questions pour un RH
Le recruteur RH connaît le processus, la politique de formation, l'organisation et la culture de l'entreprise, mais pas toujours le détail du travail quotidien. Posez-lui des questions à son échelle :
- « Comment se déroule l'intégration des nouveaux arrivants pendant les premières semaines ? »
- « Quelles formations sont proposées aux juniors, en interne comme en externe ? »
- « À quoi ressemblent les prochaines étapes du processus et dans quel délai ? »
- « Comment évolue-t-on dans l'équipe ? Existe-t-il une grille de progression ? »
- « Quelles qualités ont fait la réussite des derniers stagiaires ou alternants ? »
La question du calendrier, en particulier, est légitime et vous évitera de relancer à contretemps. Notre article sur la relance d'une candidature restée sans réponse vous aidera si le délai annoncé est dépassé.
Questions pour un manager ou un associé
Le manager connaît le travail concret et ce qu'il attend d'un junior. Il apprécie les questions de fond :
- « Quelles seraient les trois premières missions que vous me confieriez ? »
- « À quoi ressemble une journée ou une semaine type dans l'équipe ? »
- « Qu'est-ce qui distingue, selon vous, un très bon junior d'un bon junior dans ce poste ? »
- « Quels sont les dossiers ou les projets les plus importants de l'équipe dans les prochains mois ? »
- « Comment donnez-vous du feedback, et à quelle fréquence ? »
- « Qu'est-ce que vous aimez le plus dans cette équipe ? » (Question plus personnelle, elle fait souvent ressortir une réponse sincère et utile.)
Avec un associé ou un directeur, privilégiez la vision d'ensemble : positionnement de l'équipe, évolution du marché, stratégie de développement. Évitez les détails opérationnels qu'un senior ne suit pas forcément.
Questions à éviter
Certaines questions desservent, même si elles sont légitimes en soi :
- Les questions dont la réponse figure sur le site ou dans l'annonce : elles montrent que vous n'avez pas préparé l'entretien.
- Les questions centrées sur les avantages : salaire, primes, congés, télétravail. Elles ont leur place plus tard, lors de la proposition. Voir notre guide pour négocier son salaire à l'embauche.
- « Qu'est-ce que fait votre entreprise ? » : à proscrire.
- Les questions fermées sans intérêt : « Est-ce que l'ambiance est bonne ? » appelle une réponse automatique.
- Les questions négatives ou agressives : « Pourquoi y a-t-il autant de départs ? » peut se reformuler de manière neutre (« Comment l'équipe a-t-elle évolué ces deux dernières années ? »).
- Aucune question : c'est l'erreur la plus fréquente. Consultez aussi les erreurs à éviter en entretien.
Relier ses questions à l'entretien
Les meilleures questions ne sortent pas d'une liste : elles prolongent la conversation. Trois techniques :
- Rebondir sur un sujet évoqué : « Vous avez mentionné le projet de [X] : comment un junior y contribue-t-il concrètement ? »
- Relier à votre parcours : « Mon stage m'a appris à [Y] : y a-t-il des occasions d'approfondir ce type de travail ici ? »
- Terminer sur l'avenir : « Si je rejoins l'équipe, qu'est-ce qui vous rassurerait le plus au bout de trois mois ? » Cette question invite le recruteur à imaginer votre réussite, et vous donne l'occasion de répondre à une réserve éventuelle.
Prenez des notes pendant l'entretien pour garder des idées à portée de main. Ne lisez pas une liste, mais n'hésitez pas à consulter vos notes : cela montre votre préparation.
Gardez enfin une dernière phrase prête, qui boucle l'échange : un rappel bref de votre motivation, en écho à votre présentation d'ouverture. Et pensez à envoyer un court message de remerciement, qui reprend un élément précis de la discussion.
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